Mis à jour le 26 juin 2005

Liens










Chaque mois Art-passion vous propose d'approfondir un dossier d'actualité ou de découvrir un artiste.
Crédit Photos Nicolas Coulomb, droits réservés.

BILAN de la SEMAINE DU DESSIN à PARIS 2009
BILAN d'ART-PARIS 2009
MOIS DU DESSIN à PARIS 2009
CCS - JOHN ARMLEDER : JACQUES GARCIA
SALON DU DESSIN CONTEMPORAIN 2008
RICARDO CAVALLO, "Les roches de la mer" - JANV. 2007
MERLIN ET LE CARNET DE VOYAGE
CHRONIQUE D'ARCHITECTURE - SEPT. 2005
PROMISCUITA AU PALAIS DE TOKYO
REGARD FURTIF SUR LA TYPOGRAPHIE EN 2004

L'ATELIER DE MEDERIC
LE CABINET DE CURIOSITES
LAURENCE BESSAS
DIDIER HAMEY
SAÜLO MERCADER 1 [2]
MEDERIC BOTTIN


Chronique des architectes de caves - Septembre 2005-

Nous avons perdu le fil de nos discussions depuis de nombreux mois.

J'éprouve l'envie et surtout l'impérieuse et colérique nécessité d'évoquer la situation des jeunes diplômés d'architecture : quel est leur profil ? Souvent sans expérience, plutôt enclins à rêver d'idéal spatial que d'économie de projet, ils hantent à la recherche d'un savoir technique et informatique limités les agences d'architectures et constituent les cohortes de l'ombre, les architectes de caves dont les noms ne s'effaceront jamais de pierres inaugurales car ils n'y sont jamais inscrits. A leur côté, haut dans la hiérarchie de l'excellence, les mandarins de l'ancien régime trônent en vieux lions blanchis qui, de temps à autres, posent leurs pattes talentueuses sur des concours de chefs d'agence. On rêve éveillé en évoquant ces pratiques sans âge qui déforment la profession d'architecte, qui dévoient et intoxiquent les jeunes diplômés et les attachent à leur ordinateur. Leurs " bécanes " ne sentent rien, pas même le feutre ou les marqueurs à l'essence : rien d'olfactif, juste la chaleur d'une photocopieuse qui rivalise d'endurance avec les nerfs du gratteur qui s'absorbe dans son écran à quelques centimètres de la bête aux trois huit. Les avez-vous regardé sortant de leurs caves, les yeux rougis, la peau incolore des charrettes inutiles voulues par le maître d'ouvrage qui, rarement pressé impose cependant des délais d'exécution sans rapport direct avec la vie des projets ? Et ainsi, avec la complicité scandaleuse de la Star d'agence qui rythme à des cadences infernales les heures des architectes de caves, nos sujets poursuivent leur éblouissante carrière de pierre, de CDD de 5 jours en CCD d'un mois.

Quelques uns ont la chance, le privilège d'obtenir les faveurs du maître et d'être embauché en CDI : quelle belle réussite pour ces nouveaux cheveux blancs de 30 ans qui, à leur tour, pressureront leurs cadets avec une joie sans mélange. Belle spirale en vérité et quelle revanche sur leurs aînés, quand on sait d'expérience de maître d'ouvrage l'inutilité et la perte de sens d'un tel mode de vie. Rassurez-vous ils sont nombreux ceux qui entretiendront ces bonnes pratiques : la soif de dominer et la bêtise n'ont pas de limites dans notre profession, l'air du temps ne souffle pas du côté du siècle des Lumières.

Cette chronique est ouverte à tous ceux qui veulent changer le sens du vent, s'en amuser ou même justifier la pérennité incompréhensible du goulag moderne de l'architecte de cave.

Matthieu pour APN